Présentation

Images de Gwada

Un volcan actif!!

Tout en bas du chemin glissant, au coeur de la forêt tropicale, cette cascade offre un rafraichissement efficace au visiteur, dans un écrin de verdure luxuriante

Belles eaux!!

Au sommet de la Soufrière...

Au sommet de la Soufrière, du goufre Tarissan, les gaz acides viennent se meler au brouillard quasi permanent, offrant un spectacle impressionant!  Le vent vient ajouter une petite note qui n'enlève rien au sentiment de puissance de la nature.... (filmé le 16 fev. 2007)

 


Cratère sud
Vidéo envoyée par thimeyer

Deuxième vidéo du sommet de la Soufrière: le cratère sud. Situé un peu à l'écart du sentier balisé, il projette en permance une vapeur d'eau soufrée...

Gare aux vents rabattants qui peuvent envoyer dans les yeux du promeneur imprudent, des vapeurs acides....

Mais un spectacle à vous couper le souffle!!! (filmé le 17 avril 2007)

Pour vous...


"Passent les jours et passent les semaines..." disait le poète.
 
Mots, images ne peuvent être que le reflet des émotions et humeurs ressenties au fil des jours. 
Il ne saurait y avoir d'objectivité dans ce que vous découvrirez dans ce blog, juste l'illustration et l'illusion du temps qui passe et ne revient jamais...
 
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Faites-le moi savoir!
Merci.
 
 
Photo: Le fruit à pain, seule nourriture pour certains, longtemps, trop longtemps....

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Jeudi 26 janvier 2006

Premiers jours, Premières impressions

 

 

Jeudi 25

 

 0h30 

 

16 janvier 11h00 :  Ca y est l’avion est parti ! Complet, comme il se doit, en route vers le soleil ! Le personnel de bord ? Charmant, aux petits soins pour tout un chacun ! 

Premier repas, premier ti-punch servi avec un repas  «couleur Antilles »! Délicieux !!!!  

14h15 (heure locale) : nous amorçons la descente sur la Guadeloupe. Quelle déception de ne pouvoir l’apercevoir qu’au travers une épaisse couche de nuages ! Le vent, la pluie sont là et nous souhaitent la bienvenue sur Karukéra ! Il n’en fait pas moins 27° au sol !

 17 janvier : C’est décidé, je vais faire le tour de «mon» île et voir par moi même ces lieux dont j’entends parler depuis des semaines ! En route par la côte « sous le vent » ! Me voilà à Bouillante ! En face moi : Les Îlets Pigeons !!! Sur la plage de Malendure, les clubs de plongée sont tous là, les uns à côté des autres, les groupes de plongeurs se précipitent vers les bateaux amarrés au grand ponton ! Tiens, c’est bizarre, il pleut….  

 

Suite la promenade et de la découverte par la «route de la traversée». Pluie, brouillard, mais quelle beauté, quelle végétation. M’enfin avec ce qu’il pleut, ce n’est guère étonnant… et il fait toujours au alentours de 28° !  

18 janvier : Matinée studieuse et premiers contacts avec le Centre Hospitalier Montéran (CHM). Bons contacts, la parole semble bien être au centre des préoccupations des gens que je rencontre. Le travail doit pouvoir s’organiser sans problèmes, du moins quant à l’esprit de celui-ci…  

Après-midi détente et promenade sur les pentes de la Soufrière. En voiture jusqu’aux Bains Jaunes, fin de la route et averse tropicale ! Impossible de s’aventurer plus loin. Le tourisme en Basse-Terre semble être à l’abandon : maison du volcan fermée depuis plusieurs années, route d’accès au parking supérieur interdite depuis un éboulement qui semble assez ancien maintenant; quel dommage! D’aucun me diront quelques jours plus tard que c’est tant mieux, que La Soufrière se mérite et que 2 heures de marche pour accéder au sommet, ce n’est finalement pas beaucoup…

 19/20 janvier : visites et essayages : logement, voiture… C’est vrai que je ne suis pas là seulement pour faire du tourisme !  

 

21 janvier : Arrivée de Marc à l’aéroport : premier visiteur après seulement quelques jours ici.  

Avant son arrivée, petite ballade pratique : le Décathlon de Baie-Mahault solde aussi ses vêtements de pluie : bonne acquisition ! Puis ballade jusqu’à Sainte–Rose : une ballade en bord de mer sur cette côte nord, quelle beauté!  

22/23 janvier: avec Marc, nous affrontons les éléments, mêlant tourisme et installation, c’est agréable d’être à deux, de pouvoir parler de tout, de rien, de nous, des autres, d’ici, d’ailleurs… bref, une vraie rencontre !  

24 janvier : Grande expédition pour récupérer mes affaires, enfin arrivées au bout d’un mois ! Ouf, tout va bien, pas de casse, enfin, pas trop !  

25 janvier : L’installation se poursuit : j’ai une voiture ! 

…  

Karukéra, île mystérieuse, pleine de charme et gentillesse. Le sourire est présent partout, l’accueil est chaleureux. On se sent chez soi et pourtant… 

Il est évident que tout ici est semblable et différent qu’en métropole. Le département, tout entier semble sous perfusion : la richesse semble se concentrer autour des installation et activités publiques.  

Autrement? Il ne semble pas ou peu y avoir, dans ce que j’ai pu en voir de réelle activité commerciale de « détail » : peu de marchands au bord des routes, peu de petits restaus comme je pensais en trouver. Le marché de Basse-Terre est vide d’artisanat local : fruits, légumes, épices sous une grande halle qui ne grouille pas de monde, quelques vendeurs de poisson en bord de mer. 

C’est assez déroutant, mais peut-être me faut-il mieux chercher ?  

Allez, vous allez bientôt vous lever, il est temps que j’aille dormir !  

A bientôt                                                                                                                                      Thierry

     

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 3 mars 2006

 

De surprises en surprises, je découvre l’importance, ici, de la période du Carnaval. Il est partout « Vaval » ! C’est une boisson aux fruits, fort prisée par les enfants. C’est le thème de l’atelier « Art-thérapie » de l’hôpital de Montéran. C’est le point fort de l’année, au point que l’office de tourisme de Guadeloupe envisage de faire une édition estivale, pour attirer les touristes!

C’est, dans les rues et sur les routes de toute la Guadeloupe, depuis plus d’un mois, des jeunes, déguisés qui arrêtent les voitures pour quémander quelques sous pour les costumes, c’est le thème de l’animation des écoles, toutes ont eu leur défilé, au minimum dans la cour, accompagné du son syncopé du « ka ».

La Guadeloupe, comme toute la Caraïbe française a des jours fériés particuliers : « Mardi Gras » et « Mercredi des Cendres », points d’orgue de ces festivités où l’on va brûler Vaval !

Depuis des semaines des « déboulés » ont lieu, avec des thèmes rituels, dans toutes les agglomérations de Basse et Grande Terre. Je vous en livre quelques uns :

  • Déboulé « Mas[1] a Rannyon » ;
  • Déboulé « Nos ancêtres les Gaulois »
  • Déboulé « La répression »
  • Déboulé « Mas Tirayé Sénégal »
  • Déboulé « Ti Mas Bwabwa »
  • Déboulé « Mas a Zonbi »[2]
  • ….

 Plusieurs  défilés auront lieu ce week-end pour la fin de la période du carnaval, avec pour chaque un entre 15 et 30 groupes carnavalesques qui se préparent depuis des semaines : musiques, costumes, danse…

   

Carnaval : tradition, folklore, hommage à l’histoire, survivance et expression de croyances ? sans doute un peu tout ça, en vrac, consciemment ou inconsciemment pour chacun, ici.

M’enfin, je m’interroge ! Quel sens a donc cet événement, détourné au point d’en faire une boisson pour enfants,  exploité pour devenir une vitrine touristique, symbole pour certains d’une histoire d’où l’homme ne sort pas grandi ?

Qu’en penser quand un patient me confiait cette semaine qu’il ne voulait plus participer à l’atelier « Art-thérapie », parce qu’on lui proposait de fabriquer un masque, de carnaval. Mais, me dit-il, un masque, ce n’est pas un « objet » qu’on fabrique, un masque, c’est une représentation vivante, habitée. Rassurez-vous, ce patient est diagnostiqué délirant, mais quand-même…

 

Extrait du fascicule de Vokoum :

 « Nous rappelons qu’un « MAS » n’est pas un déguisement. Le « Mas », c’est l’ensemble des choses qui recouvre la personne de la tête aux pieds, dans la conception africaine du masque, contrairement au sens occidental qui renvoie au visage.

 

 

Le « Mas » » est, par conséquent, un héritage de nos ancêtres africains qui se sont servis du carnaval pour pratiquer « an dous »[3] leurs cultes religieux. Ils devenaient, en cette courte période de grande liberté et de dérision, des hommes habités par des divinités africaines au nez et à la barbe des hommes d’églises.  

Une fois en « Mas », nous perdons notre identité, voyageons dans l’espace et le temps par la transe qui s empare de nous. Nous sommes alors « l’ESPRIT du Mas. Mofwazé an Mas.

  

 

 

Mystérieuse Guadeloupe, que d’interrogations vas-tu m’offrir ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    



[1] Masque.

[2] Il s’agit des thèmes des défilés (Déboulés) organisés par un groupe : « Voukoum, Mouvman kiltirèl guadloup » et qui a édité un document expliquant les thèmes et les conditions des défilés. Que représente ce groupe ??

[3] En douce.

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Dimanche 5 mars 2006

 

              Vaval va mourir ! Demain soir, après un ultime défilé dans les rues de Basse-Terre, il sera immolé devant la foule en fête, traditionnellement habillée en noir et blanc. Depuis trois jours, il est de toutes les sorties, sur le « charnaval » !

Défilé de nuit: La Grande Parade Electrique; défilé de jour: La Grande Parade, Basse-Terre est en fête. Aujourd'hui, la couleur dominante est le rouge et, en effet, la plupart des spectateurs en porte, un vêtement, un accessoire... rouge!

 Le parcours du défilé est, me paraît-il, toujours le même ! la foule est là, nombreuse, patiente, colorée, bon-enfant, en famille, avec des amis –ce qui n’empêche pas de parler, sympathiser un instant, avec les inconnus-. Les plus prévoyant ont apporté un tabouret, un siège pliant… l’attente sera longue ! Le délais entre le début officiel et les premiers groupes va durer plus d’une heure !

Le défilé, lui, aura besoin de trois à quatre heures !!! Trente, quarante ( ? : j’ai renoncé à tous les compter) groupes vont se succéder dans un déluge de sons, de couleurs…[1] En fait, ils étaient 43 groupes dans les rues de Basse-Terre.. avec en plus Vokoum, qui a défilé, tout seul, en marge.... 

          Chaque groupe est composé de danseuses, de musiciens, un char (ou du moins une création) avec un thème défini par le groupe, avec des chorégraphies soigneusement répétées depuis des semaines, des costumes, souvent fait avec les moyens du bord[2]

          Combien sont-ils à avoir défilé dans la ville ? 1000  ou plus?

         Combien étions-nous de spectateurs, venus de toute la Guadeloupe ou d'ailleurs, pour assister au spectacle ? dix fois plus ?

          Entre les groupes, 5-10 minutes d’attente… occupées par les « Mas » : jeunes ayant mis un masque et habillés - je n’ose dire déguisés tant ce terme pourrait paraître dérisoire – de façon à représenter des personnages sortis d’un imaginaire culturel, historique, peut-être mystique… ces jeunes se promènent, dansent, interpellent, jouent, provoquent. Parodies de situations de la vie courante, moqueries des uns et des autres…on peut sans doute le voir comme des représentations allégoriques de scènes de la vie sociale passée. Toute le foule jouent avec eux, dans une complicité réelle, bonne enfant et participe activement au déroulement sans tensions de ces jours de fête !

Vaval va mourir ! Demain soir, la fête sera finie et chacun ne pensera, déjà, qu’au Carnaval 2007 !

Tout une île, toute la Caraïbe, ne vit, pendant 2 mois, que pour le carnaval.

Alors tradition populaire fortement ancrée ? Oui, trois fois « oui » ! Le carnaval est l’expression populaire d’une histoire riche et douloureuse, d’un peuple qui me semble avoir fait la paix avec son passé[3]. Mais, est-il possible de l’oublier cette histoire, pas très lointaine et qui fait le ciment de ces hommes et femmes, maintenant solidement ancrée dans notre siècle, avec sa tradition spirituelle, toujours très présente ( Les églises fondamentalistes me semblent faire un tabac).

Mais quelqu’un n’a-t-il pas dit : le 21° siècle sera spirituel ou il ne sera pas ?

 

 Vive Vaval !

 

 

 

 

 

 

1/03/06



[1] Je pense qu’il fallait plus de deux heures à chaque groupe pour parcourir les rues de Basse-Terre.

[2] Ces groupes peuvent aussi bien être des quasi professionnels qui se disputent les prix mis au concours (miss, costumes, char, chorégraphie, musique…) que des associations locales (parents d’élèves par ex), sponsorisés par les commerçants du village.

[3] Signe indiscutable de cette paix : la présence pendant toute cette période d’un groupe venu spécialement de Bretagne, hier en tête du défilé, rebaptisé : Bagad Karukéra ! Et avec les binious, bien-sur, pour la plus grande joie de mon voisin de défilé, venu tout spécialement de la Martinique, et qui n’imaginait pas l’existence d’une telle musique !

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Mercredi 5 avril 2006
La nuit est tombée... 18h30... Comme tous les soirs, le soleil plonge dans la mer au milieu des nuages et brumes de chaleur.
Quelque fois, une averse a rafraichi (un peu) l'air.
Ce soir, la lune est là, couchée contre le bord du ciel! Pas droite et fière comme on la connait en Provence et ailleurs, mais comme pelotonnée, timide prête à s'effacer.
Je me souvenais de la lune à Dakar, elle est la même ici.... Normal me diront les esprits rationnels, c'est la même latitude!
La nuit est noire, je ne reconnais pas le ciel ! Ah, si la Grande Ourse est là, elle aussi, renversée! Renversant...
La nuit guadeloupéenne est bruyante! La nature est toute proche, partout, à Saint-Claude. Les bruits de la nuit envahissent l'air. Le cri des grenouilles, le chant des crickets (il parait qu'ils sont venus d'Afrique, portés par le cyclone Hugo en 1989, avant il n'y avait pas de crickets en guadeloupe...) Parfois le chant d'un oiseau vient rompre la monotonie des sons...
La nuit guadeloupéenne est bruyante..., toute la nuit!
L'alizé berce l'air, les branches de palmier, mollement, se balancent...
La nuit guadeloupéenne est sereine, tranquille.
 
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Lundi 17 avril 2006

Sur le bord des routes, depuis 3 mois, je vois des vendeurs ambulants avec d'étranges produits...

J'ai cru, tout d'abord qu'il s'agissait de fruits, mais lesquels?, puis qu'il s'agissait de produits des fermes avoisinantes, mais quoi?

J'ai finalement compris: ce sont des crabes, des crabes de terre qui vivent dans des zones humides et en particulier dans la Mangrove.

Ils sont impressionnants, par leur taille. La technique de chasse est assez simple (un piège dans lequel le crabe va tomber) , mais demande une certaine habitude, je pense, au vu de la taille de leurs pinces!

Dimanche de Pâques, la commune de Morne à l'eau organise sa traditionnelle "fête du crabe".

Curieux, je me suis rendu sur place, pour regarder, écouter, voir...

En arrivant dans ce village, un énorme crabe, dans un rond-point, rappelle les liens étroits de ce lieu avec les crabes. Nous sommes, là, à deux pas de la Mangrove, lieu au biotope tout à fait particulier, entre la mer et la terre. (La Mangrove se visite, faudra que j'y aille, un jour!)

Dans une des rues, des stands proposent des plats à emporter, préparations culinaires traditionnelles faîtes à base de crabes: pâtés, soupes, plats principaux, et même Punchs!

Un peu plus loin, une place est occupée par des stands, regroupés autour d'une tribune où un groupe de musique guadeloupéenne fait danser les spectateurs. Entre les dégustation de plats à base de crabe (tous les traiteurs sont là!), on trouve des produits plus classiques proposés dans ce genre de manifestations: gateaux et confiseries diverses, sorbets à l'eau (glace raclée sur place et mise dans un gobelet sur laquelle on verse un sirop bien coloré), bijoux et créations artisanales...

Deux stands proposent des informations sur la vie des crabes et leur milieu naturel, en danger à cause de la pollution, de l'extension des surfaces habitables... peu-être aussi du tourisme...

Sur un coté de la place, un espace matérialisé semblait prêt à recevoir une animation... une course de crabes! Je crois que cette année, la course n'pas eu lieu... à cause de la pluie tombée ce matin??

Je n'y suis pas resté très longtemps, à Morne à l'eau, cet après-midi. Peut-être ne suis-je pas venu au bon moment. Je n'ai pas trouvé la foule nombreuse, et malgré l'ardeur du groupe de musiciens, très enjouée...

Dommage...

 

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