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Publié par Thierry Meyer

 

              Vaval va mourir ! Demain soir, après un ultime défilé dans les rues de Basse-Terre, il sera immolé devant la foule en fête, traditionnellement habillée en noir et blanc. Depuis trois jours, il est de toutes les sorties, sur le « charnaval » !

Défilé de nuit: La Grande Parade Electrique; défilé de jour: La Grande Parade, Basse-Terre est en fête. Aujourd'hui, la couleur dominante est le rouge et, en effet, la plupart des spectateurs en porte, un vêtement, un accessoire... rouge!

 Le parcours du défilé est, me paraît-il, toujours le même ! la foule est là, nombreuse, patiente, colorée, bon-enfant, en famille, avec des amis –ce qui n’empêche pas de parler, sympathiser un instant, avec les inconnus-. Les plus prévoyant ont apporté un tabouret, un siège pliant… l’attente sera longue ! Le délais entre le début officiel et les premiers groupes va durer plus d’une heure !

Le défilé, lui, aura besoin de trois à quatre heures !!! Trente, quarante ( ? : j’ai renoncé à tous les compter) groupes vont se succéder dans un déluge de sons, de couleurs…[1] En fait, ils étaient 43 groupes dans les rues de Basse-Terre.. avec en plus Vokoum, qui a défilé, tout seul, en marge.... 

          Chaque groupe est composé de danseuses, de musiciens, un char (ou du moins une création) avec un thème défini par le groupe, avec des chorégraphies soigneusement répétées depuis des semaines, des costumes, souvent fait avec les moyens du bord[2]

          Combien sont-ils à avoir défilé dans la ville ? 1000  ou plus?

         Combien étions-nous de spectateurs, venus de toute la Guadeloupe ou d'ailleurs, pour assister au spectacle ? dix fois plus ?

          Entre les groupes, 5-10 minutes d’attente… occupées par les « Mas » : jeunes ayant mis un masque et habillés - je n’ose dire déguisés tant ce terme pourrait paraître dérisoire – de façon à représenter des personnages sortis d’un imaginaire culturel, historique, peut-être mystique… ces jeunes se promènent, dansent, interpellent, jouent, provoquent. Parodies de situations de la vie courante, moqueries des uns et des autres…on peut sans doute le voir comme des représentations allégoriques de scènes de la vie sociale passée. Toute le foule jouent avec eux, dans une complicité réelle, bonne enfant et participe activement au déroulement sans tensions de ces jours de fête !

Vaval va mourir ! Demain soir, la fête sera finie et chacun ne pensera, déjà, qu’au Carnaval 2007 !

Tout une île, toute la Caraïbe, ne vit, pendant 2 mois, que pour le carnaval.

Alors tradition populaire fortement ancrée ? Oui, trois fois « oui » ! Le carnaval est l’expression populaire d’une histoire riche et douloureuse, d’un peuple qui me semble avoir fait la paix avec son passé[3]. Mais, est-il possible de l’oublier cette histoire, pas très lointaine et qui fait le ciment de ces hommes et femmes, maintenant solidement ancrée dans notre siècle, avec sa tradition spirituelle, toujours très présente ( Les églises fondamentalistes me semblent faire un tabac).

Mais quelqu’un n’a-t-il pas dit : le 21° siècle sera spirituel ou il ne sera pas ?

 

 Vive Vaval !

 

 

 

 

 

 

1/03/06



[1] Je pense qu’il fallait plus de deux heures à chaque groupe pour parcourir les rues de Basse-Terre.

[2] Ces groupes peuvent aussi bien être des quasi professionnels qui se disputent les prix mis au concours (miss, costumes, char, chorégraphie, musique…) que des associations locales (parents d’élèves par ex), sponsorisés par les commerçants du village.

[3] Signe indiscutable de cette paix : la présence pendant toute cette période d’un groupe venu spécialement de Bretagne, hier en tête du défilé, rebaptisé : Bagad Karukéra ! Et avec les binious, bien-sur, pour la plus grande joie de mon voisin de défilé, venu tout spécialement de la Martinique, et qui n’imaginait pas l’existence d’une telle musique !

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