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Publié par Gwada

Bon anniversaire, Lucie!! 

5 ans.... 60 mois.... 260 semaines...1826 jours... 5 ans...

En décidant de partir, en regardant cet avion qui m'attendait, en quittant Isabelle qui m'a accompagné ce matin là (l'ai-je assez remerciée??), je ne savais pas, je ne savais rien de ce qui m'attendait.

Des clichés plein la tête, des images et des noms, des à-priori tenaces, je me croyais préparé. 

Chaque jour de ces 5 années a été comme une découverte, une remise en question de moi-même... salutaire à quelque âge de la vie que ce soit!

La Guadeloupe et ses clichés. En vrac... Les Guadeloupéens sont violents, racistes! Les Guadeloupéens sont paresseux! Les filles sont faciles, offertes! Il fait toujours beau! C'est chaque jour les vacances!...

Je me souviens de ces mots, dits pour me rassurer (sans doute) par Guillaume Pic (je crois) quelques jours avant notre départ pour Dakar en Octobre 1965:"Tu verras.... à Dakar, il y a autant d'Africains que sur le boulevard Saint-Michel..."... Et puis le choc! Le choc de la rencontre, à 16 ans avec l'Afrique, la chaleur, la pauvreté, la misère... la différence...

Je me souviens de ces premières heures, incrédule, sur le sol de la Guadeloupe... découvrant cette route que j'emprunte, depuis, plusieurs fois par semaine (+ de 100 000 Kms parcourus depuis sur ce territoire dont la superficie ne dépasse pas le 1/3 de celle du Var...)... la chaleur, la beauté de ces paysages... Allée Dumanoir à Capesterre, point de vue sur les Saintes, arrivée sur la mer des Caraïbes à Basse-Terre, traversée de la forêt tropicale à Trois-Rivières... les premières rencontres avec la Guadeloupe, les Guadeloupéens... tout ce qui va vite devenir mon quotidien... une langue, un accent, un peuple!

Découvrir le zouk (cliché), les plages de sable noir (cliché), le colombo et le madras (cliché), le rhum et ti-punch... cliché, cliché, cliché.... 

Visiter la Guadeloupe peut se faire en 8 jours, la rencontrer est une aventure qui peut prendre toute une vie. Je la quitterais, un jour, je laisserais derrière moi des gouffres inconnus de cette Guadeloupe toujours hantée par ses souvenirs, souffrances, luttes, combats, humiliations, fiertés... je laisserais derrière moi, aussi, à jamais sans doute, une partie de moi-même, de cette rencontre avec cette île et moi-même, de son histoire et de la mienne.

Vivre en Guadeloupe n'est pas qu'une rencontre avec une île des Antilles, au delà des clichés hexagonaux... c'est aussi, depuis 5 ans, une confrontation sans concession avec moi-même, mes faiblesses, mes forces, mes interrogations et mes désirs...

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